Eve Gousseau - Tournai

Bonjour 🙂
Je me présente, je m'appelle Eve, maman de 8 enfants. J’ai vécu l’hyperémèse gravidique (HG) lors de 4 de mes grossesses, les deux dernières ayant été les plus difficiles.
Ayant moi-même traversé ce combat, j’ai décidé de devenir ambassadrice afin d’aider les mamans (et les papas) qui en ont besoin. Je sais à quel point l’isolement et l’incompréhension peuvent être aussi douloureux que les symptômes physiques. L’HG n’est pas une simple étape de la grossesse : c’est une pathologie lourde qui nécessite du soutien, des soins adaptés et, surtout, une écoute réelle.
Vomir 20, 30 fois par jour, ne plus pouvoir boire une goutte d’eau, perdre du poids alors qu’on est censée en prendre… L’hyperémèse gravidique a volé ma joie de vivre et l’a remplacée par une survie minute après minute. Mais le plus difficile a sans doute été le regard des autres : les « mange un peu de gingembre », les « c’est dans la tête », ou le silence gêné de ceux qui ne comprenaient pas que je luttais pour ma vie et celle de mon bébé.
Lors de mes grossesses, j’ai dû affronter un adversaire aussi redoutable que l’HG : l’ignorance. On m’a répété, comme un refrain épuisant, que c’était « normal », que j’étais simplement « plus sensible » que les autres, ou que cela finirait par passer au deuxième trimestre. On a balayé mes vomissements incoercibles et ma douleur d’un revers de main, me faisant culpabiliser d’être incapable de « gérer » ce qui était censé être un état naturel.
À chaque grossesse, on cherchait une explication plutôt qu’un traitement.
Pour l’une, on m’a dit : « C’est normal, ce sont des jumelles, le corps réagit deux fois plus. » Pour une autre, après avoir eu deux garçons sans être malade, la sentence est tombée : « Ah, c’est parce que c’est une fille, les hormones rendent malade. »
On a tout invoqué — la psychologie, le sexe de l’enfant, le nombre de bébés — pour éviter de nommer la réalité : j’étais gravement malade. J’ai entendu des choses aussi infondées que déstabilisantes, alors que mon corps criait famine et épuisement.
Ces phrases, je les ai portées comme un fardeau supplémentaire. Elles transforment une pathologie médicale en un simple « manque de chance » ou en une prétendue « fragilité émotionnelle ».
Aujourd’hui, en tant qu’ambassadrice, je refuse que d’autres femmes subissent ces discours. L’HG n’est pas une question de mental ou de genre de l’enfant : c’est une urgence médicale qui mérite du respect et une prise en charge adaptée, pas des clichés.
Mon objectif ? Briser les tabous, informer les futurs parents et sensibiliser le corps médical. Je suis ici pour vous dire que vous n’êtes pas seules.
Ensemble, transformons la souffrance en action. 💜